Vue d’atelier, 2021
L’horizon des événements
The event horizon, in astrophysics, is akin to an invisible boundary surrounding a black hole.
Once an object—or light—crosses this limit, it can never escape.
The point of no return: beyond the horizon, there is no going back.
The event horizon is therefore a limit.
A limit of the region that can be influenced in the future by an observer situated in a given place, at a given time.
The light rays that define it must travel parallel to one another. If they did not, there would eventually be collisions between the rays, and they would fall into the black hole.
These paintings were created in a studio resulting from the temporary occupation of vacant buildings, as part of the self-managed social and cultural center project, L’Accroche (Brussels, 2021–2023).
Comme un refuge au monde.
Des astres, désastre.
Des astres pour jouer au billes,
Désastre sous le grand cirque.
“Penser le monde par l’émotion, en accompagnant par le regard ces espaces de la menace. Mais le monde, quel monde, au juste ? L’attention se porte ici sur des traces, un questionnement qui se situe à la lisière de l’extinction.
« Qu’est-ce que ça représente ? » Il n’y a pas d’horizon, on ne sait pas vraiment. Ce n'est pas sans rappeler la Vue de Tolède du Greco : être sur une colline, un fleuve en contrebas, une ville toute blanche, comme si elle avait été construite à partir d’ossements. Un grand ciel d’encre noire domine, l’orage est sur le point d’éclater. C’est un lieu de mort et de danger. On est comme aspiré par les motifs : des formes qui appellent, comme des mains, comme des gestes ; des arbres qui nous font signe. Des nuages noirs, menaçants, viennent
griffer le ciel.
C’est une forme d’apothéose de la nature, dans son déploiement ultime, juste avant l’effacement. Les arbres apparaissent comme des spectres qui errent.
L’ambiguïté est très présente : un passage ténu entre ce qui disparaît et ce qui est déjà mort. Un paradoxe des sentiments et des sensations s’installe, comme dans un « tableau piège ». Le vert de Véronèse peut en être un indice, où l’élégance formelle rencontre d’autres signaux, plus inquiétants, comme traversés par une tension d’alerte.
Ce n’est qu’une proposition, et toute proposition reste discutable. L’ambiguïté tient aussi à cela : ne rien affirmer de manière certaine. Le langage n’est pas univoque, il ne porte pas de vérité absolue, mais une émotion. Et peut-être un calme, au-delà de la tempête."
Reformulation issue de l’enregistrement du commentaire de Michel Cegarra, historien de l'art, au sujet de Forêt I. Dans le cadre de l'exposition collective " Chassé.e.s de nos rêves, éprouvé.e.s par nos gestes" (2024).
« Une peinture, aussi éloignée soit-elle de ce qu’il
est convenu d’appeler la représentation du
monde, en reste une image […].
L’important reste l’intensité du sentiment et non
le sujet, fût-il la description même de l’émotion. »
Olivier Debré
Vue d’atelier, 2021
Forêt II
Peinture à l’huile et acrylique sur toile libre, 200 x 300 cm.
Sécurité globale
Peinture acrylique et glycérophtalique, feutre marqueur, stylo, spray, collage d’extraits du projet de loi
“Sécurité Globale”, archives nécrologiques au sujet des victimes de violence policière en France
(XXIème siècle) et description toxicologique d’armes sur toile libre, 350 x 220 cm.
Forêt I
Peinture acrylique et spray sur toile libre, 210 x 210 cm
Exposition “ Territoires d’usure ”
Ancienne imprimerie Atoma, Forest 2023